
Meeting Guy Parmelin, President of the Swiss Confederation
9.6.26, 10:00
Meeting Guy Parmelin, President of the Swiss Confederation
The Club Suisse de la Presse hosted Guy Parmelin, President of the Swiss Confederation, for a public conversation with two moderators before an audience largely made up of journalists. Dasein House was there; here are our impressions. (French version below)
By Magdalena Mactas, for Dasein House.
Charisma. I had been told Parmelin was charismatic. A certain bonhomie, perhaps, but charisma? Perhaps in the reserved, understated Swiss mould? I was skeptical. I was wrong. In person, he comes across as warm, quick with a comeback, and genuinely funny. Charismatic, without question.
The formula. Parmelin appears to resonate well beyond his political base, which is itself worth examining. His approach: "speak plainly," meet people where they are, for which he walks to work attend public town halls, and replies to every letter he receives. He also cultivates self-deprecation and makes a point of keeping time for friends. The goal: "listen to people outside political camps."
International Geneva: a late discovery. In a revealing aside, Parmelin admitted he only discovered Geneva's International Quarter (home to dozens of global institutions) after thirty years, during a demonstration by the farming community he comes from.
The future of International Geneva. At a time of global realignment, Parmelin stressed the need for Switzerland to actively defend its international standing. He acknowledged that German-speaking Switzerland does not fully grasp the strategic importance of the Geneva hub to the Confederation as a whole.
The G7 in Évian. He pointed out France's unilateral decision to host the G7 summit in Évian, which has forced Switzerland (Geneva in particular) to absorb complex coordination demands, significant costs, and serious security risks.
Crans-Montana. On the night of 31 December 2025 into 1 January 2026, a fire tore through Le Constellation, a bar in the Crans-Montana ski resort, during New Year celebrations. The toll: 41 dead and 115 injured, 83 of them severely burned. Parmelin described it as a disaster of "exceptional scale," with a strong emotional dimension. He acknowledged some missteps in managing relations with Italy, which, according to one of the moderators, Switzerland had failed to address "with a single voice." On the sensitive question of medical invoices sent to Italian nationals, he clarified these were informational copies of costs incurred at Sion hospital. He praised the rescue teams, whose work ensured no burn victim developed an infection, while acknowledging that lessons must be drawn.
Tariffs. He managed to speak with Donald Trump without "making him angry" (for now, he added with a knowing smile). He pointed to the broader pattern of US trade disputes and the damaging effects of "sector-specific industrial policy." Meanwhile, bilateral trade agreements with China are being renegotiated at pace, a development that may not be unrelated to the recent announcement of similar agreements with India. He noted that 85% of global trade operates under WTO rules, which still classify China as a "developing country”, a reform long overdue.
No Switzerland of Ten Million? The President reiterated that the Federal Council "defends Parliament's position," which considers the initiative text "too rigid." Asked about the absence of a counter-proposal, his answer was technical and institutional: he sees "no need to change the system."
Journalism and media. He acknowledged growing pressure on the profession, with newsrooms closing or cutting staff. Regarding his own relationship with medias, he advocates for transparency and making the effort to "be present." That said, he believes the proposed “transparency law” goes too far, threatening ongoing negotiations. The challenge is to constantly find "a balance between the higher interest of the state and transparency."
Disinformation. During the informal reception, I raised the risks of disinformation and the Federal Council's stance. His response was somewhat surprising: Swiss citizens are well-informed and capable of distinguishing truth from falsehood.
That may be partly true, but a University of Zurich study found that nearly one in two Swiss people view disinformation as a major problem. At the European level, the WEF Global Risks Report 2026 ranks misinformation and disinformation second in its two-year global risk outlook. As for young people, a 2025 Flash Eurobarometer found that 65% of 15-to-24-year-olds rely on social media as their main news source, fertile ground for blurring the line between fact and opinion.
Parmelin mentioned deepfake videos targeting the "No Switzerland of Ten Million" vote: detected and removed. Yet the Federal Council's own June 2024 report acknowledged that influence operations are "increasingly aimed directly at Switzerland." The question of a robust federal strategy remains open and warrants closer attention.
VERSION FRANÇAISE CI-DESSOUS

Mr Guy Parmelin, Président de la Confédération Suisse avec Magdalena Mactas, Directrice de Dasein House lors de la rencontre organisé par le Club Suisse de la Presse à Genève
Rencontre avec Guy Parmelin, président de la Confédération suisse.
Genève, Juin 2026Le Club Suisse de la Presse accueillait Guy Parmelin, président de la Confédération suisse, pour une rencontre publique face à deux modérateurs et un public largement composé de journalistes. Nous y étions pour Dasein House ; voici quelques impressions.
Charisme. On m'avait prévenu que M. Parmelin était charismatique. Une certaine bonhomie, peut-être — mais du charisme, dans un registre helvétique réservé et distant ? J'étais sceptique. J'avais tort. La rencontre révèle un homme sympathique, vif dans ses réparties, doté d'un vrai sens de l'humour. Charismatique, sans conteste.
Recette. Parmelin semble plaire au-delà de son camp politique, ce qui mérite réflexion. Sa recette : « parler clairement », aller à la rencontre des gens, se rendre au travail à pied, participer à des réunions avec la population, répondre à toutes les lettres reçues. Il cultive aussi l'autodérision et tient à « garder du temps pour ses amis ». L'objectif : « écouter ce que disent les personnes hors camps politiques ».
Quartier des Nations : la découverte. Surprenant ou non, Guy Parmelin a confié n'avoir découvert le quartier de la Genève Internationale qu'après trente ans, à l'occasion d'une manifestation du monde agricole, dont il est issu.
Genève Internationale : le futur. À l'heure des grandes mutations, Parmelin souligne la nécessité pour la Suisse de se battre pour préserver son rayonnement international. Il reconnaît que la Suisse alémanique ne mesure pas pleinement l'importance stratégique de ce pôle pour la Confédération.
G7 à Évian. Il pointe une décision unilatérale de la France d'organiser ce sommet à Évian, qui a contraint la Suisse (Genève en particulier) à assumer une coordination complexe, des coûts élevés et des risques sécuritaires significatifs.
Crans-Montana. Parmelin a insisté sur la forte dimension émotionnelle de cette « catastrophe hors norme » et reconnu certaines maladresses dans la gestion des relations avec l'Italie, avec laquelle, selon l'un des modérateurs, la Suisse ne serait pas « parvenue à parler d'une seule voix ». Sur la question des factures médicales envoyées en Italie, il a précisé qu'il s'agissait de copies transmises à titre informatif, relatives à certains frais engagés à l'hôpital de Sion. Le Président a salué le travail remarquable des équipes de secours, grâce auxquelles aucun des blessés brûlés n'a contracté d'infection. Il a néanmoins reconnu la nécessité de tirer des leçons pour faire mieux.
Droits de douane. S'il est parvenu à s'entretenir avec Donald Trump sans « le fâcher » (pour l'instant, précise-t-il avec un sourire), il évoque les différends commerciaux que les États-Unis entretiennent avec de nombreux pays et, côté local, les « effets néfastes d'une politique industrielle sectorielle ». En parallèle, les accords bilatéraux avec la Chine sont en phase de renégociation accélérée ; une dynamique qui n'est peut-être pas sans lien avec l'annonce d'accords similaires avec l'Inde. Il rappelle que 85 % du commerce mondial s'effectue dans le cadre des règles de l'OMC, qui continue pourtant de considérer la Chine comme un pays « en développement » —une réforme attendue de longue date.
Pas de Suisse à dix millions ? Le Président rappelle que le Conseil fédéral « défend le point de vue du Parlement », pour lequel le texte est « trop rigide ». Sa réponse sur l'absence de contre-projet se veut technique et institutionnelle : il ne voit « pas de besoin de changer de système ».
Journalisme et médias. Il reconnaît une pression croissante sur le métier, avec des rédactions qui ferment ou réduisent leurs effectifs. Quant à son rapport aux médias, il prône la transparence et l'effort « d'être présent ». Néanmoins, « loi sur la transparence » irait toutefois trop loin, mettant en péril certaines négociations. Il s'agit donc de trouver en permanence « un équilibre entre l'intérêt supérieur de l'État et la transparence ».Dans un second temps, le Président a échangé directement avec les journalistes et le public autour d'un verre et d'un cocktail déjeunatoire. J'en ai profité pour lui poser une question sur la désinformation.
Désinformation : la Suisse relativement épargnée ? Lors des échanges informels, j'ai abordé les dangers de la désinformation ainsi que la position du Conseil fédéral. Sa réponse m'a quelque peu surpris : les Suisses seraient bien informés, capables de distinguer le vrai du faux.
L'argument a sa part de vérité, mais une enquête de l'Université de Zurich révèle que près d'un Suisse sur deux considère la désinformation comme un problème majeur. À l'échelle européenne, le Global Risks Report 2026 du Forum économique mondial classe la mésinformation et la désinformation au deuxième rang des risques mondiaux sur deux ans. Quant aux jeunes, selon un Eurobaromètre Flash de 2025, 65 % des 15-24 ans font des réseaux sociaux leur principale source d'information (un terrain particulièrement fertile pour la confusion entre fait et opinion).
M. Parmelin a mentionné des vidéos falsifiées liées à la votation sur l’initiative « Pas de Suisse à 10 millions », détectées et retirées. Le Conseil fédéral a lui-même reconnu, dans un rapport de juin 2024, que les opérations d'influence ciblent « de plus en plus directement la Suisse ». La question d'une stratégie fédérale robuste reste ouverte, et mérite un suivi.
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